Calcul de révision du loyer commercial : le simulateur ILC, ILAT et ICC

    Calculez l'indexation annuelle ou la révision triennale de votre loyer commercial. Dernier indice ILC publié par l'INSEE : 137.16 au T2 2026, soit +0.26 % sur un an.

    Par Le Boutiquier
    12/10/2026
    18 min de lecture
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    Calcul de révision du loyer commercial : le simulateur ILC, ILAT et ICC
    Temps de lecture estimé : 18 minutes

    Votre bail prévoit une indexation et vous voulez savoir ce que devient le loyer, ou vous préparez une révision triennale. Le calculateur ci-dessous fait les deux, sur l'ILC, l'ILAT ou l'ICC, à partir des indices officiels de l'INSEE. Le dernier indice des loyers commerciaux publié est de 137.16 au T2 2026, soit +0.26 % sur un an. Aucune inscription, le résultat s'affiche directement.

    Calculateur de révision de loyer commercial

    Nouveau loyer annuel indexé

    24 061,40 € euros par an, soit 2 005,12 € par mois

    Hausse de 61,40 € par an, soit +0.26 %.

    Indice de référence136.81
    Indice de révision137.16
    Coefficient1.00256
    Effet sur la valeur des murs à 8 %+767 €

    Une indexation se calcule d'un trimestre au même trimestre d'une autre année, un T2 avec un T2. Comparer deux trimestres qui ne se correspondent pas rend le calcul contestable.

    TrimestreILCILAT ICCILC sur un an
    T2 2026137.16138.012103+0.26 %
    T1 2026135.26137.422084-0.45 %
    T4 2025134.62137.212058-0.50 %
    T3 2025137.09137.072056-0.45 %
    T2 2025136.81137.152086+0.07 %
    T1 2025135.87137.292146+0.96 %
    T4 2024135.30137.292108+2.01 %
    T3 2024137.71137.122143+3.03 %

    Indexation annuelle et révision triennale, ce n'est pas la même chose

    Deux mécanismes différents font bouger un loyer commercial, et les confondre coûte cher. Le calculateur ci-dessus traite les deux, mais la règle applicable n'est pas la même.

    L'indexation annuelle, ou clause d'échelle mobile

    Elle ne joue que si votre bail la prévoit, et elle joue alors automatiquement, à la date anniversaire, sans que personne ait à la demander. Le loyer suit l'indice nommé dans la clause, d'un trimestre de référence au même trimestre de l'année suivante.

    Nouveau loyer = loyer actuel × (indice d'arrivée ÷ indice de référence)

    Deux pièges fréquents. Le premier : comparer deux trimestres qui ne se correspondent pas, par exemple un T1 et un T3, ce qui fausse le résultat et rend la clause attaquable. Le second : appliquer l'indexation sur un loyer déjà indexé l'année précédente sans repartir du bon indice de référence.

    La révision triennale

    Prévue à l'article L. 145-38 du Code de commerce, elle peut être demandée par le bailleur ou par le locataire, au plus tôt trois ans après l'entrée dans les lieux ou après la dernière révision. Elle n'est jamais automatique : elle se demande, par acte extrajudiciaire ou par lettre recommandée.

    Le loyer révisé est plafonné : il ne peut pas dépasser la variation de l'indice trimestriel sur la période écoulée.

    Le déplafonnement, et la règle des 10 %

    Le plafond saute si une modification matérielle des facteurs locaux de commercialité est intervenue et qu'elle a fait varier la valeur locative de plus de 10 %. Arrivée d'un transport, piétonnisation d'une rue, ouverture d'un pôle commercial : ce sont les cas typiques. Le loyer rejoint alors la valeur locative réelle.

    Même déplafonnée, la hausse ne s'applique pas d'un coup. L'article L. 145-34 impose un lissage : l'augmentation ne peut excéder 10 % du loyer de l'année précédente pour chaque année. Une hausse de 40 % s'étale donc sur plusieurs années.

    Quel indice pour quel bail

    • ILC, indice des loyers commerciaux : pour les activités commerciales et artisanales. C'est le plus répandu depuis la loi Pinel.

    • ILAT, indice des loyers des activités tertiaires : bureaux, professions libérales, entrepôts logistiques, activités de services.

    • ICC, indice du coût de la construction : il reste valable pour l'indexation des baux anciens qui le prévoient, mais il ne peut plus servir de référence à la révision triennale des baux commerciaux et professionnels depuis la loi Pinel du 18 juin 2014.

    Si votre bail nomme un indice qui ne peut plus être utilisé, la clause n'est pas pour autant nulle : elle est le plus souvent réputée renvoyer à l'indice de remplacement. C'est un point à faire vérifier.

    Ce que la révision change à la valeur de vos murs

    C'est le point que les calculateurs juridiques ne traitent jamais, et c'est pourtant celui qui compte si vous détenez les murs. La valeur d'un local commercial occupé se calcule à partir du loyer, pas à partir du mètre carré. Un acheteur divise le loyer annuel par le taux de rendement qu'il exige.

    Sur des murs loués 24 000 euros par an et valorisés à 8 % de rendement, soit 300 000 euros, une indexation de 3 % ajoute 720 euros de loyer annuel et 9 000 euros de valeur. Une révision triennale déplafonnée qui ramène le loyer à la valeur locative réelle peut en ajouter dix fois plus.

    L'inverse est vrai aussi. Un bailleur qui n'a jamais appliqué son indexation vend ses murs moins cher que son voisin, à surface et emplacement identiques, parce que c'est le loyer qui est acheté.

    Trois cas chiffrés

    Cas 1 : une indexation annuelle ordinaire

    Une boutique louée 18 000 euros par an, bail indexé sur l'ILC au deuxième trimestre. L'indice passe de 136,81 à 137.16, soit un coefficient de 1.00256. Le nouveau loyer est de 18 046,05 euros, soit 46,05 euros de plus par an. À 8 % de rendement, vos murs gagnent 576 euros de valeur. C'est peu, mais c'est automatique et cumulatif.

    Cas 2 : une indexation oubliée pendant cinq ans

    Même local, mais le bailleur n'a rien notifié depuis cinq ans. Le loyer est resté à 18 000 euros quand il devrait être à environ 19 400. Le manque à gagner annuel est de 1 400 euros, le rattrapage possible sur cinq ans approche 4 000 euros, et surtout la valeur des murs est amputée de 17 500 euros au moment de la vente. L'oubli d'indexation est la première cause de sous-valorisation que nous voyons en estimation.

    Cas 3 : une révision triennale avec déplafonnement

    Un local loué 24 000 euros depuis neuf ans, dans une rue qui vient d'être piétonnisée. La valeur locative réelle est montée à 38 000 euros. Le plafond de la révision triennale ne permettrait qu'un passage à environ 25 000 euros. Mais la piétonnisation est une modification matérielle des facteurs locaux de commercialité, et elle fait varier la valeur locative de plus de 10 % : le déplafonnement est ouvert.

    Le loyer rejoint alors 38 000 euros, mais par paliers : 26 400 la première année, 29 040 la deuxième, et ainsi de suite jusqu'à 38 000. En valeur de murs, à 8 %, on passe de 300 000 à 475 000 euros. C'est le seul levier de cette page qui se chiffre en centaines de milliers d'euros.

    Comment notifier correctement une indexation

    L'indexation joue de plein droit, mais encore faut-il que le locataire sache quoi payer. Un courrier recommandé suffit, et il doit contenir quatre éléments pour être incontestable : l'indice de référence avec son trimestre, l'indice d'arrivée avec son trimestre, le coefficient obtenu, et le nouveau loyer avec sa date d'effet. Joignez la capture de la publication INSEE.

    Trois erreurs rendent la clause fragile, voire non écrite. Utiliser des trimestres qui ne se correspondent pas. Appliquer une variation sur une période différente de celle qui sépare les deux indices, ce que la Cour de cassation sanctionne. Et stipuler une clause qui ne joue qu'à la hausse, régulièrement réputée non écrite parce que l'indexation doit fonctionner dans les deux sens.

    Questions fréquentes

    Mon bailleur peut-il rattraper plusieurs années d'indexation oubliées ?

    Oui, dans la limite de la prescription quinquennale. Les loyers sont soumis à une prescription de cinq ans, ce qui permet de réclamer le rattrapage sur les cinq dernières années, pas au delà.

    L'indexation peut-elle faire baisser le loyer ?

    Si la clause est rédigée à double sens, oui : un indice qui recule fait baisser le loyer. Beaucoup de baux comportent une clause dite à sens unique, qui ne joue qu'à la hausse. Ces clauses sont régulièrement jugées non écrites, car le mécanisme d'indexation doit jouer dans les deux sens.

    Faut-il un avenant après chaque indexation ?

    Non. L'indexation joue de plein droit si la clause existe. Un simple courrier de notification du nouveau loyer, avec le détail du calcul, suffit et évite les contestations.

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    Cet article présente un cadre général. Chaque dossier doit être analysé au cas par cas, avec votre notaire et votre conseil, notamment sur les aspects fiscaux et juridiques.

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